Le gouvernement lance le 1er décembre pour une durée de trois semaines les Assises du commerce de façon à définir avec les professionnels une vision stratégique de ce secteur qui, rappelons-le, représente 15 % du PIB national et génère 3,5 millions d’emplois.

Alors que les centres commerciaux ont été fortement sollicités économiquement pendant la crise et politiquement stigmatisés, il faut espérer que ces assises rétabliront quelques vérités et imagineront des réformes efficaces.

Rappelons tout d’abord que les centres commerciaux sont toujours demeurés ouverts pour permettre à nos compatriotes d’avoir accès aux produits de première nécessité. Ils ont mis en place et respecté des protocoles stricts pour assurer la sécurité sanitaire de leurs clients. Ils ont accueilli plusieurs centaines de plates-formes de dépistage et de vaccination pendant la pandémie. Leurs bailleurs ont par ailleurs accordé plus de 975 M€ d’abattements de loyers en 2020 à leurs commerçants-locataires pour les aider à traverser cette période difficile.

Pour répondre à une distribution et une consommation devenues résolument « omnicanales », les propriétaires des équipements commerciaux ne se contentent plus aujourd’hui d’être de simples loueurs d’espaces, mais deviennent de véritables prestataires de services, notamment digitaux. Ils attendent du gouvernement d’être aidés pour ce faire, comme ils le demandent également pour assurer une nécessaire transition écologique et financer l’indispensable restructuration de friches commerciales existantes ou en devenir.

Élément clé de l’aménagement du territoire, les équipements commerciaux réclament par ailleurs un traitement fiscal et réglementaire équitable, notamment vis-à-vis des pure players. Or, la fiscalité du commerce demeure essentiellement assise dans notre pays sur le foncier et non sur l’activité. Alors que l’ensemble du commerce ne représente que 4 % de l’artificialisation des sols, les mêmes pure players développent des entrepôts de plusieurs dizaines de mètres carrés sans avoir à obtenir d’Autorisation d’exploitation commerciale (AEC).

Rappelons enfin la dimension sociale des équipements commerciaux. Au-delà de leur fonction économique essentielle, ils constituent des lieux de vie, de rencontres et de passions partagées. Gageons que le gouvernement et nos futurs élus en 2022 comprendront qu’il y a là un véritable enjeu de société : celui des consommateurs-citoyens qui ne vivront pas uniquement derrière leurs écrans, dans un salon devenu prison, pour lesquels le lien social ne se limitera pas aux rendez-vous aléatoires avec des livreurs prolétarisés et où le seul sourire qu’on leur fera sera celui d’un logo stylisé, imprimé sur un carton d’emballage…


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