Unibail-Rodamco ajouté Westfield à son nom après le rachat du groupe australien qui exploite des grands centres commerciaux à Londres et aux Etats-Unis. Le président du géant de l’immobilier commercial explique comment le commerce physique peut s’adapter à la concurrence du e-commerce et aux évolutions de la consommation.

Qu’indiquent vos thermomètres sur le front de la consommation ?

Globalement, la consommation se porte bien, particulièrement dans les centres de shopping que gère Unibail-Rodamco-Westfield puisque, sur les six premiers mois de l’année, notre activité en Europe continentale a crû de plus de 5 %. Nous avons le sentiment que les gens consomment peut-être un peu moins en volume mais mieux en qualité. Dans toutes les branches du commerce, la mode, l’alimentation, l’équipement de la maison, la restauration, on assiste à une bipolarisation. La croissance est tirée par des enseignes d’entrée de gamme, et des marques ou des produits premium. Vous trouvez Lidl et Primark d’un côté, et le bio, les produits locaux et des acteurs de la mode comme Sandro, Maje, Zadig & Voltaire, d’un autre.

Le commerce peut donc être serein ?

La demande est là et c’est une très bonne nouvelle, mais Internet a changé la donne. L’exemple de la mode est frappant. Aujourd’hui, le consommateur est plus informé, plus exigeant, plus ouvert sur l’international. Il faut se renouveler en permanence et investir dans l’expérience physique, qui reste un point de contact essentiel avec le client. Même des marques comme Apple ou Nespresso, qui auraient pu ne passer que par des tiers ou par Internet, se rendent compte que le contact humain, la possibilité d’exposer et d’expliquer son offre dans un lieu magnifié tire les ventes. Il ne faut pas perdre de vue l’humain. Le commerce demeure un formidable vecteur de rassemblement et de lien.

 

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Article Les Echos, rédigé par Philippe Bertrand, David Barroux, publié le 20/09 à 08h02