Le 27 avril 2021 – Alors que les mesures restrictives à l’égard des commerces se poursuivent, le CNCC, l’Alliance du Commerce et Procos ont réalisé un sondage auprès de 345 commerçants présents en centre commercial, dont 252 dirigeants d’enseignes et 93 commerçants indépendants. L’enquête, conduite par l’institut de sondages BVA, rend compte de leurs difficultés et de l’impact que la situation pourrait avoir en termes économique et social si leur fermeture venait à se prolonger, alors qu’aucune date précise de réouverture n’a encore été communiquée.

De fortes répercussions sur l’activité économique et l’emploi
Fin janvier, les centres commerciaux de plus de 20 000 m² ont été contraints de fermer de nouveau leurs portes, soit à fin avril, plus d’un semestre de fermeture totale depuis le début de la crise sanitaire il y a un an.
Conséquence de cette situation, 64% des commerçants présents dans les centres commerciaux enregistrent une activité déficitaire depuis le début de la crise. Un déficit très significatif puisque les commerces concernés ont perdu, en moyenne, la moitié de leur chiffre d’affaires.
Dans ce contexte, une majorité des répondants ont été contraints de placer plus de 75% de leurs salariés en activité partielle, tandis que 14% d’entre eux ont d’ores et déjà dû se résoudre au licenciement d’une partie de leurs salariés.

Des perspectives d’avenir incertaines
L’éventuelle prolongation de restrictions d’accès aux centres commerciaux plongerait la filière dans une situation économique et sociale critique. Ce sont en effet 525 000 emplois en CDI et l’avenir de milliers de magasins qui sont en jeu avec des conséquences sur tous les territoires (hausse de la vacance commerciale).
L’étude BVA révèle que plus d’un tiers des commerçants indépendants (34%) et près de la moitié des enseignes succursalistes (46%) envisagent de cesser définitivement l’exploitation d’une partie de leurs boutiques si la fermeture des centres commerciaux venait à se prolonger. Dans cette même hypothèse, 41% des répondants seraient contraints à des licenciements économiques.
Une situation alarmante qui s’avère accentuée par des aides financières jugées insuffisantes pour permettre de surmonter la crise par 54% des commerçants interrogés. Seuls 14% d’entre eux déclarent
avoir reçu la totalité des aides auxquelles ils ont droit contre 44% qui n’en ont reçu qu’une partie et 14% qui sont toujours dans l’attente.

Une réouverture rapide vitale
Cette étude vient conforter l’appel lancé la semaine dernière par 150 dirigeants d’enseignes demandant la réouverture de tous les magasins partout en France au plus tard le 10 mai afin de ne pas aggraver les risques déjà existants de fermetures de points de vente et ne pas perdre l’activité de mai importante commercialement. Après qu’il a annoncé la réouverture des écoles à compter du 26 avril et la levée des restrictions de circulation à compter du 3 mai, le CNCC, l’Alliance du Commerce, Procos, les présidents de GIE et d’associations de commerçants, demandent au Gouvernement de confirmer rapidement la date de réouverture des commerces et rayons dits « non-essentiels » sur l’ensemble du territoire. Afin de sauver les emplois et les entreprises, cette réouverture doit concerner tous les commerces quels que soient leur taille ou leur lieu d’implantation.

L’après-crise : un espoir qui reste à confirmer
Parmi les 345 commerçants interrogés, plus d’un tiers se montrent aujourd’hui pessimistes sur l’avenir de leur activité (36%) et seuls 15% ont l’espoir de retrouver la totalité de leur clientèle.
Néanmoins, sous réserve d’une réouverture très rapide et en observant ce qui se produit au Royaume-Uni ou en Israël, les centres commerciaux pourraient retrouver progressivement un niveau encourageant de fréquentation et d’activité avec une clientèle rassurée par un protocole sanitaire respecté, l’envie de retrouver le plaisir de consommer et de dépenser l’épargne constituée pendant la crise.

Voir le Communiqué de presse et la liste des Présidents de GIE et d’associations de commerçants signataires.