À l’heure où les médias fustigent la périphérie, le péri urbain et leur cortège de zones commerciales, responsables d’une désertification des cœurs de ville, les écrivains, en cette rentrée littéraire, prennent le contre-pied en y campant leurs récits et fictions. Dès 2012, Olivier Adam et son très juste « Les lisières » avait ouvert la voie suivi par nombre d’essais.

Consécration romanesque du périurbain, le Goncourt 2018 de Nicolas Mathieu inscrivait ces territoires au cœur de sa peinture sociologique et géographique de la mythologie des années 90. Leur emboîtant le pas, nombre d’écrivains ont utilisé, cette année, la périphérie comme décor et surtout acteur de leurs romans en redonnant ses lettres de noblesse à des contrées trop longtemps méprisées par une gentrification cultivant l’entre soi d’un cœur de métropole ou d’une ruralité à des fins uniquement secondaires. Il est temps d’écouter la voix des romanciers qui savent prendre le pouls d’une société périphérique et redonner du souffle à ces territoires en déshérence médiatique. L’artificialisation de la revitalisation des cœurs urbains n’aura de sens qu’à la condition d’une revalorisation du territoire dans sa globalité, loin des stigmatisations et oppositions binaire.

Bibliographie succincte :

Les lisières, par Olivier Adam (2012)
Leurs enfants après eux, par Nicolas Mathieu (2018)
Bleu Blanc Brahms, par Youssef Abbas (2019)
Une Histoire de France, par Joffrine Donnadieu (2019)
77, par Marin Fouqué, (2019)
Chroniques d’une station-service, par Alexandre Labruffe, (2019)
Avant que j’oublie, par Anne Pauly, Verdier (2019)