Le 3 octobre, s’est tenue la 2ème journée de conférences Siec Evolution à la Maison de la Chimie.

 de 500 participants issus de différents métiers de l’urbanisme commercial et des pouvoirs publics

Dès l’introduction de la journée, le paléoanthropologue Pascal Picq a rappelé qu’à l’origine, la simple interaction entre les espèces a de suite induit une volonté de maximiser les profits. La récente bipolarisation de la société et les dernières révolutions ont consacré l’émergence d’un espace digital darwinien dans lequel le monde bouge plus vite que l’adaptabilité nécessaire pour y évoluer et dans lequel nous sommes passés d’une culture solide à une culture liquide.

C’est au travers de ce préambule que les échanges autour de la ville et du commerce ont débuté. Du rappel des piliers fondamentaux de la réussite de la ville (authenticité, intelligence humaine et qualité de vie) par Bill Kistler « no great city without great trade » aux préalables (dialogue et accès) édictés par Arnaud Robinet, maire de Reims en passant par Cécile Maisonneuve, Présidente de la Fabrique de la Cité, tous ont mis en avant la nécessité de réaffirmer un volontarisme publique dans un espace dense et hybride trop souvent contraint par les réglementations. Espace dans lequel l’assemblage des fonctions favorise la continuité des échanges comme l’a rappelé Jean-Paul Viguier. Virginie Calmels, maire adjointe de Bordeaux et Thierry Cahierre (Redevco) ont pu parfaitement illustrer cette co-construction, entre le politique et l’opérateur privé, dont la confiance demeure la garantie de réussite.

Serge Papin, à l’occasion d’une session consacrée à la ruralité équitable dans la ville, a évoqué la fin des prix prédateurs au profit de la notion de prix responsable, ce changement de paradigme se faisant à l’aune du modèle de société dans lequel nous voulons vivre. « Un commerce durable, c’est un commerce qui profite à tous, c’est prendre soin et c’est contribuer à l’économie résidentielle pour qu’elle grandisse ». 

La ville, commerce et tourisme ou comment faire de ces trois composantes une combinaison gagnante, telle était la question posée aux intervenants de cette dernière table ronde. Benoit Chang a ainsi pu mettre en avant les trois convictions qui animent le projet d’EuropaCity : l’envie de partage au sein d’un espace physique dans une société qui se digitalise, le développement de l’usage au détriment de la possession et la porosité des frontières entre physique et digital. Dans cette dynamique, Christophe Cussac (directeur administratif et financier de Paris 2024) a montré comment l’organisation des JO allait permettre d’être un accélérateur du développement économique, qui allait générer de nouveaux flux (dont l’enjeu principal sera de créer du « repeat business ») et construire des passerelles pérennes. Passerelles dont Patrick Ropert (Gares et Connexions) a pu se faire le porte-parole au travers du développement des gares et de leur environnement proche. Le commerce pouvant et devant s’insérer au carrefour de ces flux par des centres commerciaux de qualité comme a pu en attester Anne-Sophie Sancerre (Unibail-Rodamco). Enfin, Klepierre par l’intermédiaire de Jean-Marc Jestin et Daniela Lauret ont pu illustrer la conception holistique de leurs programmations commerciales qui correspondent à chaque type de flux identifié : le flux urbain utilitaire, le flux touristique et le flux loisir/plaisir.

Cette .rencontre .a également .été l’occasion .de restituer .les travaux d’une année du .think tank « Retail Revolution » créé par le CNCC pour réfléchir aux conséquences des évolutions technologiques et comportementales sur les commerces et les lieux qui les accueillent. A ce titre, les étudiants de plusieurs grandes écoles et d’universités (ESCP Europe, ESSEC, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles, Dauphine et la Sorbonne) ont présenté les résultats des études qu’ils ont menées sur la transition numérique, l’omnicanalité, les mixités spatiales et fonctionnelles et les nouveaux enjeux d’entreprenariat dans le commerce. En remettant le prix aux étudiants de Dauphine pour « leur parcours du combattant d’une jeune enseigne », Laurent Milchior (Groupe ETAM) a pu témoigner de l’importance de prendre en considération l’intégralité de l’écosystème qu’il soit on line ou off line.

 
En conclusion de cette journée, le CNCC a réaffirmé son opposition à un moratoire sur le développement et la restructuration de nouveaux équipements commerciaux périphériques et émis trois propositions (document joint) au bénéfice du commerce en centre-ville, apportant ainsi une contribution concrète et positive au débat actuel sur la nécessaire revitalisation des centres-villes.
 

TROIS MESURES CONCRÈTES POUR LA REVITALISATION COMMERCIALE DES CENTRES-VILLES 

Création de Zones Commerciales Prioritaires (ZCP) dans les centres-villes à l’initiative des EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale), au sein desquelles les projets commerciaux bénéficieraient des mesures suivantes :

  • dans le domaine urbanistique : quelle que soit la taille de l’opération, exonération d’AEC (Autorisation d’Exploitation Commerciale).
  • dans le domaine fiscal : au bénéfice des « primo-commerçants », exonération totale à l’exception de l’IR/IS et de la TVA pour une période de trois ans.
  • dans le domaine contractuel : au bénéfice des « pop-up stores », création d’un véritable bail éphémère et simplification de la DAT (Déclaration d’Autorisation de Travaux).