C’est une pluie typiquement britannique qui a accueilli à Londres le voyage d’études du CNCC composé des membres des commissions high street retail, mixités urbaines et travel retail. Un menu divers et varié qui a permis non seulement de profiter de l’expertise des modèles spécifiques anglais mais aussi d’envisager des interactions et connexions au bénéfice d’un commerce qui doit vivre.

Revo, l’homologue anglais du CNCC, a accueilli l’ensemble de la délégation afin de présenter le marché britannique. Parmi les nombreuses informations diffusées, retenons la forte présence du commerce online en Angleterre (20%) ou encore la part croissante de l’investissement des collectivités locales dans les centres commerciaux permettant à celles-ci non seulement de retirer un revenu mais également de disposer d’une plus grande latitude quant à des restructurations de zones urbaines. Présentation suivie de la visite du plus grand food court londonien récemment ouvert avant la rencontre avec l’équipe du BID (Business Improvment District) du New West End. Structure juridique et financière très spécifique aux anglo-saxons, les BID, sur un périmètre circonscrit, grâce à une taxe perçue sur les propriétaires et les preneurs, disposent d’un budget conséquent (10 millions £ pour le New West End) destiné à faire vivre leur quartier. Au-delà de l’animation commerciale, les BID gèrent également des prestations telles que la sécurité ou encore le nettoyage. Ces comités puissants sont gérés par des équipes élues pour 5 ans.

De l’animation au foncier, il n’y a qu’un pas et les rencontres se sont poursuivies avec la présentation de Shaftesbury, investisseur, propriétaire, gestionnaire ou encore « restructurateur » de quartiers entiers (Carnaby Street, SoHo, etc.). Investissant depuis plus de 30 ans dans certains quartiers, Shaftesbury a pu ainsi créer une identité propre aux quartiers dans lequel il s’implante en développant cohérence commerciale, lieux de convivialité et identité graphique.

Enfin, cette première journée s’est achevée par la présentation de JD Sports. Véritable success story, bâti en à peine 10 ans, l’enseigne connait un succès exponentiel basé sur une offre « multiusages, omnicanal, lifestyle et fashion », plébiscitée par les Millenials. Afin de répondre aux attentes de cette génération, JD Sports s’efforce de gommer un maximum d’irritants.

Deuxième jour, changement de météo, changement d’acteur avec la présentation de Network Rail, organisation gérant le retail dans les 20 plus grosses gares londoniennes. Structure dont les profits sont reversés intégralement dans l’infrastructure ferroviaire, Network Rail connait une croissance en perpétuelle évolution (60% en 9 ans) basée sur une philosophie simple : faire du passager un consommateur dans un laps de temps très court (une quinzaine de minutes). Adapter ses outils aux typologies des marques, faire venir des concepts innovants grâce à une certaine souplesse juridique, tout ceci dans un temps relativement court (renouvellement des franchises accordées tous les 7 ans). Présentation conclue par la visite de la station de London Bridge et par la maxime de l’entreprise « Retail is on the way, not in the way ».

Enfin, dernière étape du programme, Westfield Stratford. Construit en 6 ans, pour les JO de 2012 et implanté dans un nouveau quartier au sein d’une zone de chalandise de plus de 6 millions de personnes, le centre commercial, un des plus gros d’Europe, constitue un bel exemple de mix used. Avec ses 857 chambres d’hôtel, son programme de logements et ses nombreux food courts, Westfield Stratford s’inscrit durablement dans la mixité. Rencontres riches, denses et variées, interlocuteurs de qualité, accueil « so british », autant d’ingrédients pour revenir plein d’idées, d’envies et d’optimisme pour un commerce physique qui a encore de belles histoires à raconter.