Fondé en 2016, le groupe Galimmo, opérateur de lieux de commerce en lien avec les hypermarchés Cora, est présent en France, en Roumanie, au Luxembourg et en Belgique. Après une année 2020 chamboulée par la crise de Covid-19, Maël Aoustin, le PDG de la foncière liée à Louis Delhaize, revient sur sa stratégie et sa vision du commerce de demain.

Business Immo  :  Quel bilan tirez-vous pour le groupe dans un contexte de crise sanitaire anxiogène pour le commerce ?   

Maël Aoustin  :  Tout d’abord, depuis mi-mars 2020, nous nous sommes focalisés sur la sécurité des clients et des commerçants. Nous avons dû faire preuve d’agilité pour adapter nos opérations en appliquant les restrictions et modalités d’accès aux commerces autorisés en fonction des décisions prises par les autorités de nos différents pays d’implantation. Pour 2020, nous avons soutenu nos locataires, au cas par cas, avec des mesures d’abandon de loyers pouvant représenter jusqu’aux deux tiers des périodes de fermeture de leur boutique. En contrepartie, nos commerçants se sont réengagés sur nos sites. L’impact sur nos revenus locatifs bruts 2020 est de 10 M€. Nous avons pu apporter ce soutien à nos commerçants grâce à notre bonne santé financière, et notre ratio d’endettement (LTV) est resté à un niveau modéré (26,9 %) à fin 2020, et ce malgré la baisse, mesurée, de la valeur des actifs liée à la crise. En parallèle, la commercialisation de nos surfaces est restée soutenue avec plus de 300 baux signés en 2020. En dépit du contexte difficile pour le commerce, les enseignes ont continué de se projeter avec nous.  

BI  : Cette crise liée à la pandémie a été accélératrice de tendances déjà présentes dans le commerce. Quels sont, selon vous, les nouveaux usages de cette classe d’actifs et comment y répondez-vous ?   

MA  : La galerie des années 1990 où les enseignes du textile avaient une place prépondérante n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui. Il y a en revanche de nouveaux usages à renforcer significativement, comme la santé ou encore la restauration. Chez Galimmo, nous travaillons sur ces sujets avec de nouveaux partenaires, par exemple avec Odento et Ovisio, acteurs du milieu médical, que nous implantons sur nos sites. D’ici à deux-trois ans, nous devrions avoir une vingtaine d’implantations de pôles de santé dans l’ensemble de nos centres. Avec également des tiers-lieux ou encore des espaces de micro-working, nous changeons notre manière d’appréhender nos centres afin de les transformer en véritables lieux de vie pour les utilisateurs et de répondre à l’évolution de leurs besoins. Nous accordons une place d’autant plus importante aux enjeux sociaux et sociétaux dans notre approche que nos centres jouent un rôle structurant au cœur de leur territoire, à proximité de villes moyennes. Il y a donc beaucoup à faire avec l’implantation de magasins locaux et de nouveaux modèles de boutiques, par exemple pour la vente de seconde main ou encore de services intergénérationnels.   

Article de Inès Beaugé paru dans Business Immo le 19/07/2021.

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