Le représentant des grandes enseignes demande le soutien de l’Etat à la transformation de leur modèle en faveur d’une consommation plus responsable et durable. Les commerçants réclament l’équité fiscale avec les plateformes Internet mondiales et l’abaissement des impôts de production qui pèsent sur eux. Le secteur ne crée plus d’emplois.

Pourquoi lancez-vous un appel aux pouvoirs publics ?

Il faut que le commerce devienne une priorité majeure des pouvoirs publics. Le gouvernement a lancé un pacte en faveur de l’industrie. A mes yeux, il aurait fallu le faire il y a quinze ans. Pour le commerce, il faut le faire maintenant, sans attendre. Il s’agit du premier secteur de l’économie française et du premier pourvoyeur d’emplois privés avec 3,5 millions de salariés.

L’urgence que vous manifestez signifie-t-elle que le secteur de la distribution est en crise ?

Tout le monde a vu les plans sociaux qui se multipliaient, même s’ils demeurent d’une ampleur limitée et prennent souvent la forme de plan de départs volontaires. Une chose est sûre : le commerce a été pendant des décennies créateur net d’emplois. Ce n’est plus le cas. Le nombre d’emplois dans la grande distribution a baissé pour la première fois, de 0,2 % en 2018. Et le commerce de détail s’est arrêté de créer des emplois, alors qu’il en avait créé près de 100.000 ces dernières années. Mais au-delà, c’est un secteur en pleine transformation. Le gouvernement doit soutenir cette dernière. Le commerce est au coeur d’une grande partie des préoccupations des Français : pouvoir d’achat, emploi, qualité de l’alimentation, avenir de la ville. On ne peut laisser tous ces sujets entre les mains de trois ou quatre plateformes numériques mondiales dont le modèle repose sur des coûts très bas et l’optimisation juridique et fiscale. Or c’est ce qui se profile.

Article de Philippe Bertrand paru le 17 février dans les Echos.