Reprise économique : ce que réclame le Conseil National des Centres Commerciaux

Il est dans la nature du commerce de se projeter et de regarder vers l’avenir. Nous ne sommes, certes, pas encore sortis de la crise Covid-19 et de ses conséquences, depuis un an. Pourtant LSA a voulu, dès à présent, connaître les propositions et requêtes que les fédérations, et autres organismes représentatifs du commerce, défendront pour assurer la meilleure reprise des secteurs à l’heure de la sortie de crise. Aujourd’hui, la position du Conseil National des Centres Commerciaux exprimée par Gontran Thüring, son délégué général.

Gontran Thüring, délégué général du le Conseil National des Centres Commerciaux, rassemblant 838 centres en France et 38 800 commerces exprime 4 grandes requêtes pour accompagner le sortie de crise Covid-19.

1 – La Réouverture la plus rapide des centres commerciaux, quand bien même elle serait conditionnée.

« Le gouvernement ayant adopté une approche territoriale, il semblerait logique qu’elle joue dans les deux sens, au détriment des territoires très contaminants, au bénéfice des territoires qui le sont moins. En clair, nous proposons une réouverture progressive et géographique. Pour accompagner celle-ci et bien qu’aucun « cluster » n’ait été constaté dans un centre commercial depuis le début de la crise, le CNCC soumettra rapidement au gouvernement un protocole renforcé de façon à garantir une situation sanitaire optimale lors des réouvertures à venir ».

2. La confirmation et l’accélération des aides annoncées par le gouvernement.

« Si le bénéfice du fonds de solidarité (renforcé dans son montant à 200 000 euros/mois) et le crédit d’impôts (pour novembre 2020) ont été validés par décrets, il n’en est pas de même pour la prise en charge des coûts fixes à hauteur de 70% ou 90% des entreprises en difficulté ainsi que pour l’indemnisation des loyers et charges locatives des établissements  fermés dans les centres commerciaux de plus de 10/20 000 m². Cette dernière mesure, sans limite de plafond et de durée, telle que Bruno Le Maire l’avait promise au CNCC dès la fermeture de février 2021 est toujours soumise à un accord de la Commission Européenne . En attendant, les locataires demeurent débiteurs des sommes correspondantes et les propriétaires souvent impayés alors que la facturation du second trimestre va débuter. Il y a donc urgence à ce que les modalités de ces aides soient précisées et les règlements correspondants effectués ».

3. Des mesures de soutien à la relance de la consommation.

« Selon Bercy, près de 2 milliards d’euros ont fait l’objet d’une épargne contrainte depuis le début de la crise. Le CNCC demande que le gouvernement mette en place rapidement les mesures susceptibles de transformer cette épargne en consommation. Cela pourrait se traduire par des allègements fiscaux, des primes salariales ou encore des facilités de transfert d’argent intergénérationnel. Au-delà de ces incitations d’ordre pécuniaire, il est évident que l’impact psychologique d’une accélération de la campagne de vaccination serait de nature à encourager la fréquentation  des lieux de commerce ! ».

4. La prorogation des Autorisations d’Exploitation Commerciale (AEC).

« Le gouvernement avait accordé par ordonnance en 2020 la prorogation pour trois mois de la validité des AEC qui auraient été frappées de caducité durant le confinement. Le CNCC demande instamment que les AEC, en cours de validité mais qui n’ont pas été mises en œuvre en fonction de difficultés liées à la crise puissent également bénéficier d’une prorogation, mais pour celles-ci, de 24 mois. Dans le cas contraire, ce sont plus de 100 000 m², soit 500 millions d’investissement qui seraient précarisés alors que tout doit être fait pour la relance de l’économie ».

 

Article de Daniel Bicard, paru le 23/03/20 dans LSA

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